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L'édito du pasteur : la fraternité, pas si simple.

Les 28 et 29 octobre derniers, nous étions une vingtaine, jeunes et vieux de notre église protestante unie de Boulogne à arpenter les rues et les places de la belle ville de Strasbourg pour une nouvelle édition de « Protestants en fête ».

            C’est une communion d’églises libres, autonomes et dynamiques qui a montré ses multiples visages lors de ce bel événement. Des conférences sur tous les sujets de société qui animent nos contemporains, de l’écologie à l’éducation en passant par la violence et les nouvelles formes de familles, les débats ont été vivants et animés dans toutes les églises de Strasbourg. Du cinéma, un concert rock, du théâtre et un spectacle musical, bref, tous les signes d’une Fédération protestante qui se porte bien et prend à bras le corps sa mission : annoncer l’Evangile dans notre monde, à notre époque.

            « Qu’as-tu fait de ton frère ? » était la question cruciale de ce rassemblement, question terrible posée par Dieu lui-même à Caïn, meurtrier de son frère.

Toutes les œuvres et mouvements ont pu dire ce qu’ils faisaient de leurs frères les plus fragiles au quotidien, et le culte du dimanche a fait ressentir à chacun ce que c’était qu’être frères et sœurs en Jésus Christ. 8000 personnes chantant en chœur la gloire de Dieu, une lecture biblique en braille, des prières dites par des personnes en situation de handicap, un homme et une femme pour orchestrer cette belle liturgie et un président de la Fédération protestante qui nous a remis dans la grâce du fils prodigue : tout cela disait la fraternité.

            La fraternité n’est pas facile, mais elle peut se vivre avant même de se comprendre. L’expérimenter relègue toujours au second plan les dissensions ou les divergences de points de vue.

Pour préparer cette édition de « Protestants en fête », les chrétiens de Strasbourg se sont réunis régulièrement pendant trois ans et ont mené à bien un grand spectacle sur la Réforme dans la cathédrale de Strasbourg. Ils ont chanté ensemble et trois chorales ont ainsi vu le jour. Ils ont partagé leur vision du monde et le monde est devenu fraternel.

            Pour tout cela, il a fallu se faire confiance. Et tous ont été dignes de confiance.

 

            Le Pasteur François Clavairoly, Président de la Fédération protestante écrit : Oui, la fraternité a une sœur jumelle, et c’est la confiance.

            Notre fraternité souffre des trahisons de confiance et il est beaucoup plus long de reconstruire la confiance trahie que de la donner dans la naïveté d’une première fois. Depuis 500 ans, nos Eglises de la Réforme cherchent à vivre de la confiance en un Dieu qui n’abandonne jamais, même trahi, sa foi en l’homme. Gageons que cette année de commémoration aura ouvert des voies nouvelles à la fraternité, dans nos communautés, entre nos communautés et entre les croyants.

 

                                                                                                          Pasteur Béatrice Cléro-Mazire