En guise d'édito : retour sur 2015

Une vie spirituelle au cœur du monde, sans cesse en dialogue.

 

L’année 2015 fut une année de contrastes saisissants :

La brutalité des tueries de janvier et de novembre nous a plongés dans un enfer d’où il a fallu remonter à la force de notre foi.  Entre ces deux dates, notre Eglise a assumé sa tradition de tolérance et de service des autres en votant en faveur de l’accueil des couples homosexuels en vue de la bénédiction de leur mariage. Extraordinaire acte d’ouverture dans un contexte marqué par le fanatisme religieux.

Affirmer que la bénédiction de Dieu est promise à tous dans un contexte de terreur nous a affermis dans notre vocation prophétique au cœur du monde. La veillée de prière organisée suite aux attentats de novembre fut l’expression de notre attachement à la paix et à la tolérance civile.

 

Dialogues

Mais faire de notre église un lieu propice au dialogue reste un défi. Ainsi, nous n’avons pas pu maintenir l’activité de la Fabrique du dialogue, même si la dernière séance sur l’écologie fut un moment porteur de réflexion et de rencontres, les organisateurs des autres confessions étant empêchés par la maladie ou des problèmes familiaux, il est bon de mettre en sommeil cette activité, pour peut-être la réactiver dans l’avenir.

Le cycle de prédications sur les arbres nous a permis de relire ou de découvrir ce que la Bible contenait de symboles propres à nous édifier dans la foi, et les prédicateurs de notre église ont apporté leur contribution théologique à cet édifice.

La création des soirées Théophile va dans le même sens en utilisant les trésors des cultures théologiques et philosophiques. Cette activité conçue comme un dialogue entre les disciplines, entre les participants, mais aussi entre nos idées et nos pratiques enrichit notre vie spirituelle.

Nous avons, cette année,  expérimenté la mise en place, au sein même de la liturgie du culte dominical, de moments de dialogues entre les fidèles. La réflexion autour de la déclaration de foi dont notre jeune Eglise Protestante Unie de France doit se doter dans les mois qui viennent nous a poussés à faire deux fois appel à la discussion dans l’assemblée du culte. Et le souci de mieux se connaître entre nous, nous a encouragés à organiser un moment de mise en relation des fidèles lors d’un culte familial autour du thème de la vigne.

Notre Conseil Presbytéral a aussi expérimenté des types d’animations et de réflexion permettant d’imaginer ensemble une église en lien avec les besoin des fidèles et les exigences de l’Evangile.

Le dialogue s’est aussi renforcé du côté de l’œcuménisme, avec la création d’une délégation œcuménique de notre église. Ce qui a permis de développer les activités avec les autres églises chrétiennes de Boulogne qui le désiraient. Bien sûr, tous ces efforts dans le sens de la discussion et du dialogue font apparaître inévitablement les difficultés d’entente et de compréhension. Ainsi, l’Eglise Eau Vive et la Communauté Chrétienne du Point du Jour ont revu à la baisse leur participation aux événements œcuméniques, dès que les discussions de fond sont apparues. Espérons que le dialogue reste possible dans un avenir proche. Mais la veillée œcuménique de cette année à rassemblée 250 personnes et la journée mondiale de prière des femmes a réuni une quarantaine de personnes qui ont vécu une réelle fraternité.

 

Tournés vers les jeunes

La formation des jeunes dans notre église est toujours un point fort, et de nouvelles familles continuent de nous rejoindre, et nous sommes de nouveau entourés de beaucoup d’enfants dans notre vie d’église. Le tournant de cette année a été la pérennisation de l’engagement des jeunes dans notre vie d’église. Ainsi, les catéchumènes ou ex-catéchumènes restent maintenant en lien plus étroit avec leur communauté ecclésiale grâce à leur implication dans la vie cultuelle. Pour la musique, la lecture liturgique, la garderie, et même si cela demande de s’affermir, nous sentons bien un vrai tournant: la confirmation n’est plus la fin d’un chemin en église, mais une nouvelle étape pur servir autrement et prendre des responsabilités.

Les liens entre notre église et le scoutisme se sont encore renforcés et les scouts sont dans notre église régulièrement pour présenter leur projet, mais aussi pour aider l’église dans les moments cultuels.

La refonte de notre mode de communication n’y est peut-être pas pour rien, car maintenant, les jeunes de notre église nous suivent sur Facebook !

Après le départ de notre secrétaire Nadine Verhulst, nous avons dû retrouver une nouvelle façon d’organiser notre secrétariat et nous avons eu la joie d’accueillir à ce poste Laurence Roux-Fouillet. Laurence nous a apporté un savoir-faire en matière de communication qui a permis à notre église d’étendre son rayonnement et de se faire connaître facilement. Nous avions  des fidèles, des disciples, des apôtres ; maintenant, nous avons des followers !

Dans l’année qui vient d’autres défis vont se présenter: nous avançons vers l’année Luther, et nous pourrions saisir cette occasion pour faire connaître la pensée de ce grand réformateur, mais aussi, tisser des liens plus vivants avec les communautés de tradition luthériennes au sein de l’Eglise Protestante Unie. Ce sera aussi l’occasion d’une ouverture de notre église vers la cité.

 

Ouvertures

Nous devons aussi toucher un plus large public : en doublant les séances de Théophile en journée pour ceux qui ne peuvent venir le soir, en organisant systématiquement des études bibliques à domicile, en développant la chorale d’enfants naissante, en rendant notre journal accessible sur le net et en développant la réflexion théologique sur ce média. 

Nous devons aussi développer les activités en partenariat avec les autres églises de notre Consistoire. Nous y travaillons déjà, avec une sortie d’école biblique et un culte au niveau consistorial, et des rencontres entre les conseillers presbytéraux des huit paroisses du Consistoire.

L’année qui vient de s’écouler fut donc, paradoxalement, dans un contexte de peur et de replis sécuritaire, une année de dialogue et d’ouverture. Mais n’est-ce pas le rôle prophétique d’une église que d’annoncer la paix là où il y a la guerre?

 

David Brunat, président du conseil presbytéral et Béatrice Cléro-Mazire, pasteur

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