Bienvenue sur le site de l'Église protestante de Boulogne-Billancourt.
Vous y trouverez des informations sur les activités régulières de la paroisse, mais aussi des événements, manifestations organisés autour du protestantisme ou de la Bible en région parisienne.

 

Notez-le :

- le culte, c'est tous les dimanche à 10h30 au temple

- Sainte Cène tous les premiers dimanche du mois.

- le secrétariat est ouvert les lundis et mercredis matin de 9h à 13h (hors vacances scolaires) - 01 48 25 56 16

- vous pouvez également nous contacter par mail

 


500 ans de la Réforme protestante, une année d'événements à Boulogne-Billancourt

Notre église organise plusieurs événements pour marquer les 500 ans de la Réforme.

Retrouvez-les en intégralité dans la fiche ci-dessous:

- Exposition : Luther, aux sources du protestantisme

- Culte-conférence le 19 mars : la Réforme comme conversion

- Itinéraires dans le Paris protestant le 13 mai

- Journées du Patrimoine les 16 et 17 septembre : 130 ans de présence protestante à Boulogne-Billancourt

- Week-end "Protestants en fête" à Strasbourg les 28 et 29 octobre.

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LE BLOG DE L'EGLISE


Pâques 2017 : le Christ est ressuscité !

Du 13 au 16 avril : cultes de la Semaine Sainte


Comme chaque année, trois célébrations sont prévues dans notre église pour la semaine sainte :

-          Veillée du jeudi saint le 13 avril de 19h à 20h

-          Veillée du vendredi saint le 14 avril de 19h à 20h

 

-          Culte de Pâques le dimanche 16 avril à 10h30 (culte avec Sainte Cène).

L'édito du pasteur : reparler aujourd'hui du Salut

           Le premier grand évènement de l’année Luther s’est déroulé le 19 mars dernier et l’accueil de Bernard Cottret pour nous parler de la Réforme sous l’angle de la conversion nous aura aidés à remettre la foi au centre de cet anniversaire. La tentation serait grande à faire de cette année 2017, l’année de l’érudition sur un personnage historique, sans prêter attention à l’expérience spirituelle qui sous-tend la Réforme.

            Comme Bernard Cottret l’a souligné dans sa conférence (voir article de D. Brunat), c’est la notion de salut qui est au centre des préoccupations des réformateurs.

           

            Au 16ème siècle, la foi en un Dieu qui punit, qui juge et envoie soit au paradis, soit en enfer est admis par le plus grand nombre. L’Eglise se fait l’écho de la colère de Dieu et affirme avec force ce qu’elle prétend savoir de la volonté divine. L’esprit critique n’est pas de mise sur la question de Dieu et les penseurs les plus audacieux risquent leur vie à vouloir remettre en question les dogmes imaginés par l’Eglise pour soumettre un peuple de fidèles plus apeurés qu’enthousiastes. Dans ces conditions, la notion de salut peut être utilisée de multiples façons pour obtenir la docilité des fidèles et la toute-puissance d’un clergé qui tient lieu de Dieu sur terre. La personnification du diable, la menace de l’enfer, le transit par le purgatoire sont alors autant d’images qui servent la cause du pouvoir clérical en lui permettant de monnayer le salut de Dieu auprès de fidèles qui ont intégré leur indignité. 

 

            Mais comment parler aujourd’hui du salut de Dieu ?

            La notion n’est pas très tendance dans une société sécularisée, où l’athéisme n’est heureusement plus passible du bûcher et où les superstitions et les diableries ne régentent plus le quotidien de nos contemporains.

            Peut-on encore être chrétien dans une société qui ne réclame pas son salut à Dieu ?

            La question est vertigineuse, et notre théologie peine peut-être un peu à y répondre.

            Dans la théologie réformée - qui garde la conviction que l’homme est pécheur mais, de façon ontologique et non volontaire - Dieu sauve cette indignité des enfants de Dieu, par pure grâce et sans réclamer satisfaction pour les fautes commises contre lui. Toutefois, cette grâce ne se révèle que dans la foi. Ainsi, l’athée se passe aisément de ce salut, lui qui ne connait pas le péché, puisqu’il ne connait pas Dieu. La foi devient alors, par la révélation qu’elle fait à l’homme de sa relation avec Dieu, un fléau autant qu’une grâce. Un fléau - parce que la foi révèle à l’homme ses manquements vis à vis de Dieu qui est infiniment plus grand, juste et bon que lui - et une grâce, parce que l’homme reçoit la conviction que Dieu le sauve dans sa miséricorde infinie en le graciant de toutes ses fautes.

           

            Pas étonnant que le détour par la foi en un Dieu qui révèle les fautes tout en les absolvant ne soit pas vu comme indispensable par la plupart des hommes modernes. La Réforme, en libérant l’homme de la peur de Dieu, aurait-elle creusé la tombe de la foi chrétienne ?

            De quoi vouloir être sauvé ?

           

            Sans doute est-ce la systématisation de la théologie qui est remise en cause, plus que la foi. Sans doute est-ce la « cuisine salvatrice » qui est devenue hermétique pour notre époque plus que le salut de Dieu lui-même. Car en effet, systématiser une relation, fut-elle entre l’homme et son Dieu, est certainement une erreur.

            La systématisation théologique n’est sans doute pas ce que nous venons chercher aujourd’hui dans les textes bibliques ou dans les églises - pas plus, d’ailleurs, qu’à l’époque de Luther. Ce que nous venons chercher, c’est encore le salut, mais nous ne l’appelons peut-être pas de cette façon. Aujourd’hui, nous parlons plus d’accomplissement, de sens de la vie, de réalisation personnelle, mais, là aussi, pour nous sauver de quoi ?

            Peut-être d’une peur qui s’est déplacée au fil des siècles de l’enfer vers le vide.

            Notre prière serait alors devenue : Seigneur, sauve-nous d’une vie pour rien.

 

Pasteur Béatrice Cléro-Mazire 

La prédication du mois : le geste de la grâce

Prédication du 1er dimanche du Carême.

 

 

Texte de référence : Marc 13, 32; 14, 9

 

 

         « Personne ne connait ni le jour ni l’heure, Pas même les anges dans le ciel, pas même le fils, mais seul le Père ».

 

         Voici l’enseignement de l’Evangile de Marc. Un enseignement qui nous concerne tous et qui ouvre le cycle de la passion de Jésus le Christ. Dans l’Evangile, nous sommes deux jours avant la fête des pains sans levain. Jésus et tous les juifs sont donc à la veille de la fête commémorative de la sortie d’Egypte. En effet, dans les calendriers les plus anciens du judaïsme, cette commémoration des pains emportés par le peuple élu alors qu’ils n’avaient pas eu le temps de lever, dure une semaine, durant laquelle on ne doit rien manger ni garder qui contienne du levain. Dans toutes les maisons, c’est le grand ménage de printemps, la chasse aux miettes !

         Puis, le Deutéronome fait de la fête de Pâques un pèlerinage à Jérusalem. Ces deux fêtes ont été regroupées pour n’en former qu’une : Pessa’h.

         C’est une fête de libération, de départ de l’esclavage vers la terre promise par Dieu. Et bien sûr, on se souvient du fait que personne ne savait ni le jour, ni l’heure, où il faudrait partir, suivre Moïse et passer la Mer Rouge. Personne ne savait quand Pharaon déciderait enfin de laisser partir son peuple.

 

         Pour les Chrétiens, aujourd’hui, c’est le premier dimanche du carême. Pour un protestant, le carême c’est chaque fois que nous nous souvenons que nous sommes pécheurs et que Jésus Christ est notre sauveur. C’est à dire que c’est tous les jours. Pour un protestant luthérien, le carême s’ouvre avec la cérémonie des cendres que certaines églises luthériennes organisent encore aujourd’hui pour marquer l’entrée en pénitence de chaque fidèle pour quarante jours.

 

         C’est donc avec ces paroles : « pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne les connait », que nous entrons dans un temps particulier. Nous pourrions continuer toute l’année sans ce temps de carême, avec la grâce de Dieu comme unique jalon sur nos routes, mais très vite nous serions tentés d’oublier ce qui est à l’origine de cette expérience du salut. C’est pourquoi aujourd’hui, nous allons déplier sur les quarante jours qui viennent, les évènements marquants de cette route vers le salut d’un peuple, relue comme route vers la mort et la résurrection d’un homme nommé Jésus.

         Car le geste que fait l’Evangile de Marc, c’est de raconter la fin de Jésus et son avancée vers la mort et la résurrection en faisant résonner l’écho de la libération du peuple hébreu emmené par Moïse.

Le temps se condense et des quarante ans passés dans le désert à trouver sa terre promise, le peuple de Dieu se concentre en un homme qui passera quarante jours au désert pour éprouver sa foi avant de commencer sa mission de révélateur de grâce ; un homme qui passera sa fête de Pâques en donnant sa vie individuelle pour un peuple, le peuple des enfants de Dieu.

Dans son passage de la Passion à la Résurrection, Jésus entraîne, tel un nouveau Moïse, tout un peuple de croyants qui cherche la libération.

         Veiller, ne pas se laisser surprendre par le maître de maison qui rentre et trouve ses serviteurs endormis. Voilà ce que nous allons essayer de faire ensemble jusqu’à Pâques.

         Après ces recommandations de vie spirituelle, l’Evangile nous présente Jésus chez Simon le lépreux. Il est chez un impur, un homme qu’on ne peut pas toucher et dont le mal symbolise le péché. Il est chez un homme qui attend le salut, la rédemption, une vie nouvelle, une purification.

         Rien que ce fait est déjà extraordinaire, car Jésus mange à sa table ! Il est avec celui qui a besoin du salut de Dieu, il n’est pas chez les purs, mais chez le lépreux.

         Et puis, une femme entre en plein repas. Elle est seule, elle n’a pas de nom, c’est seulement une femme et elle fait ce geste inaugural de toute la passion que Jésus s’apprête à vivre : elle renverse du parfum sur la tête de Jésus.

         Elle fait un geste fou, avec un parfum de grand prix. En plus, elle a brisé le flacon d’albâtre, il n’en reste plus rien. Le geste est sans retour, sans repentir possible. Elle a tout donné.

 

         Ce geste provoque un scandale : elle a gâché du parfum qu’on aurait pu vendre au profit des pauvres disent les autres convives. Décidément, le raisonnement de ceux qui entourent Jésus est toujours basé sur des valeurs marchandes. Déjà, quand Jésus avait nourri cinq mille hommes, la première réaction des disciples avait été de se demander combien allait coûter ce pique-nique improvisé…

         Impossible de voir la gratuité dans cet acte, impossible de comprendre le don entier et sans calcul de cette femme qui vient de nulle part et fait un geste lourd de sens.

         Elle vient de faire ce que l’on fait aux rois quand ils reçoivent l’onction royale, diront certains. Non, aucune femme ne pourrait faire cette onction.

Ce n’est pas un roi que la femme est en train de révéler aux convives de la maison du lépreux, c’est un mort qu’elle donne à voir. Eh oui, traditionnellement, ce sont les femmes qui lavent les morts et qui embaument les corps.

 

         La femme de Béthanie déploie en un geste le destin de Jésus. Dans quelques jours il sera mort.

         Là où les autres se demandent ce qu’on aurait pu faire avec tout ce précieux parfum, là où ils moralisent en disant le bien qu’il aurait fallu faire - vendre le parfum et donner l’argent aux pauvres, là où les autres croient que l’on peut rétablir l’égalité entre les hommes en donnant aux pauvres, en gérant la misère, une femme entre et répand une fortune sur la tête d’un homme qui est déjà condamné, déjà promis à la mort.

 

         Et Jésus renchérit : elle a fait ce qu’elle a pu, elle a d’avance embaumé mon corps pour l’ensevelissement. Les pauvres qui ont besoin sont là sans cesse, ils seront là sans cesse et quand ils ne seront plus pauvres, d’autres prendront leur place. Mais ce que Jésus révèle ici, c’est sa mort.

 

         L’homme qui va mourir ne révèle pas le bien ou le mal, la gestion de la misère, ou le comportement raisonnable. L’homme qui va mourir est dans l’urgence d’une disparition prochaine. En lui se joue le prix de sa vie toute entière. Pas comme un calcul, mais comme la valeur intrinsèque de sa vie.

 

         La femme au parfum a honoré le corps de Jésus et elle a révélé ainsi la valeur de cette vie. Dans ses yeux, d’abord, mais aussi par le parcours de Jésus, c’est l’amour de Dieu pour l’homme qu’elle révèle. La vie de l’homme est inestimable. Femme ou homme, riche ou pauvre, lépreux ou bien portant, la vie de chaque homme est précieuse comme un parfum rare, cher, inutile en soi et pourtant tellement précieux.

         Peut-être ce geste peut-il changer nos relations en les remettant à l’échelle d’une vie qui sans cesse peut se briser. Car : « pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne les connait ».

 

         A l’orée de la fête de Pessa’h, la grâce de Dieu se révèle dans ce geste d’une femme qui rappelle à sa finitude et à sa fragilité toute vie, comme un vase d’albâtre qui peut se briser à tout instant.

 

                            AMEN.

 

Pasteur Béatrice Cléro-Mazire

18  avril 1521, Luther à Worms : la rupture

Nous connaissons tous la date du 31 octobre 1517, qui marque le début de la grande aventure du protestantisme. Ce jour-là, selon la tradition, Martin Luther, moine augustin et professeur des « Saintes Ecritures », affiche sur les murs de l’Eglise de Wittenberg,  en Saxe, 95 thèses adressées au pape dans lesquelles il affirme que les indulgences ne servent à rien, sinon à offenser Dieu, et que pour leur salut, les chrétiens ne dépendent que de la seule grâce divine. On le voit, il n’y a pas encore à cette date rupture avec Rome. Frère Martin s’est contenté de mettre le pape en garde contre cette perversion du christianisme que sont les indulgences.

 

      La rupture ne vient qu’en 1521, lors de la diète impériale de Worms, où Luther  est sommé de se rendre. L’enquête, menée par Rome, a abouti à son inculpation : il est accusé « d’hérésie et de lèse-papauté ». Mais le prince-électeur de Saxe refuse d’entériner la bulle d’excommunication et demande à ce que Luther soit entendu. Muni d’un sauf-conduit de Charles Quint, le tout jeune empereur, Martin Luther se rend donc à la diète de Worms. Il est persuadé alors de marcher vers la mort, comme Jan Huss, arrêté malgré son sauf-conduit et brûlé pour hérésie le 6 juillet 1415 à Constance ; mais  partout sur sa route, en Allemagne, il est acclamé, car sa notoriété s’est répandue : en 1520, il a publié coup sur coup les trois œuvres qui édifieront les premières communautés évangéliques : Manifeste à la noblesse ; La captivité de Babylone ; De la liberté chrétienne. Dans ce dernier ouvrage, Luther a précisé sa position : la liberté du chrétien réside, écrit-il, dans la grâce que Dieu lui accorde. Aucune œuvre n’est nécessaire pour mériter le pardon du péché. Plus encore, elles sont une offense à Dieu. Un défi, en vérité, qu’il a lancé à la puissance papale. Contrairement à Rome, également, il affirmera que l‘Ecriture peut et doit être mise dans toutes les mains.

 

 Après avoir cheminé à travers la Thuringe puis la Hesse, Frère Martin fait son entrée à Worms le 16 avril 1521 ; les deux jours suivants, il comparait dans la résidence de l’empereur, devant plus de deux cent hauts dignitaires. On peut imaginer le trouble qui a dû le saisir lorsqu’il pénètre dans la salle pour la première fois et que de partout des cris hostiles fusent, réclamant qu’il abjure. L’official de l’évêque de Trêve le somme de renoncer à ses erreurs. Frère Martin tient bon. Et c’est là qu’il prononce le 18 avril 1521 cette déclaration qui marque le point de rupture avec Rome :

A moins d’être convaincu par le témoignage de l’Ecriture et par des raisons évidentes - car je ne crois ni à l’infaillibilité du pape, ni à celle des conciles, puisqu’il est établi qu’ils se sont souvent trompés et contredits - je suis lié par les textes bibliques que j’ai cités. Tant que ma conscience est captive de la Parole de Dieu, je ne puis ni ne veux rien rétracteur car il n’est ni sûr, ni salutaire d’agir contre sa conscience. Que Dieu me soit en aide.

 

      Paroles authentiques ? Ce n’est pas certain, mais c’en est sûrement proche. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il refuse d’abjurer, et loin de reconnaître son erreur, réaffirme fermement sa position sur le don gratuit de la grâce. Devant ceux qui l’exhortent à renoncer, il persiste. Il connait les dangers auxquels il s’expose ainsi, mais lorsqu’il quitte la salle dans un tumulte malveillant, on l’entend murmurer : « Je ne puis faire autrement ». La rupture avec Rome, cette fois, est consommée.  

       Rappelons que l’assise du luthéranisme, qui gagnera rapidement les pays nordiques, repose sur ces trois affirmations, Sola Gratia, sola fides, sola scriptura –  la grâce seule, la foi seule, l’Ecriture seule. Néanmoins, au lendemain de Worms, aucune église évangélique n’est encore organisée.

 

Liliane Crété

La Réforme pour les Nuls : une conférence magistrale de Bernard Cottret

Dans le cadre des célébrations de « l’année Luther » marquant le 500ème anniversaire du début de la Réforme protestante, notre paroisse a accueilli le 19 mars l’historien Bernard Cottret, éminent spécialiste de la Réforme et auteur d’une impressionnante bibliographie sur la question. Il nous a gratifiés d’une très belle conférence sur les origines de la Réforme, ses figures tutélaires, sa finalité.
En se fondant sur le récit dit du « bon larron » (relaté dans Luc, chapitre 23), il a insisté sur un point absolument cardinal ( !) : le fait générateur et la clé de voûte de la Réforme, c’est la question du salut. « La Réforme protestante n’a de sens que par rapport au salut ». La visée des réformateurs n’était pas tant d’amender l’institution ecclésiale, de corriger ses travers et ses trafics dont les célèbres et lucratifs marchés d’Indulgences, mais de faire advenir une « réforme intérieure » pour chaque fidèle, autrement dit de rendre possible une démarche de conversion illuminée par la Parole de Dieu et centrée sur la foi.

L'entreprise de Luther a eu pour stimulus paradoxal une conversion ratée, lorsqu’il était moine augustin. Malgré son zèle et ses efforts incessants, frère Martin ne parvenait pas à se convertir. Jusqu’au jour où il tomba sur ces mots du prophète Habacuc : « Le juste vivra par la foi », réinvestis par Paul dans l’Epître aux Romains. « Ce passage de Paul fut pour moi la porte du Paradis », confia Luther en 1545. Il avait compris que ce n’est pas moi qui me sauve, mais Dieu. Et que la foi, expérience personnelle par excellence, doit devenir le coeur brûlant de la vie du chrétien.

Après Luther, Calvin. Le duo indissociable, décrit par un Bernard Cottret très en verve (et prouvant par son humour débordant que les Protestants ne sont pas prédestinés à une austérité chagrine et ennemie du rire !) comme les « Laurel et Hardy de la Réforme » : le moine gras et faisant ripaille (« il y a de la bière et de la choucroute chez lui » !) et le théologien ascétique, radical et plutôt gringalet. Auteur d’ouvrages de référence sur Calvin, notre conférencier n’a pas manqué de souligner le rôle également central de la conversion dans la pensée calviniste. Le natif de Noyon se fit tirer l’oreille pour aller à Genève ; il y manifesta bien peu de sympathie pour les Genevois, qui le lui rendirent bien, au point de le faire expulser par le conseil municipal (mais il y revint trois ans plus tard). Gagnant Strasbourg, il rencontra Martin Bucer, qui le compara à … Jonas. Un rapprochement qui le frappa puissamment. Calvin comprit que sa vocation n’était pas ordinaire mais prophétique ; et, même sans avoir séjourné dans un poisson, il se vit comme un nouveau Jonas.

 

Troisième et dernière grande figure de Réformateur évoquée par Bernard Cottret : John Wesley (1703-1791), père de l’Eglise méthodiste et sujet d’une insolite conversion. Issu d’une longue lignée de pasteurs et pasteur lui-même, Wesley prit le chemin de l’Amérique pour y convertir les Indiens. Il y tomba amoureux, endura des peines de coeur, fut chassé de la paroisse où il officiait, revint en Angleterre. Mais la traversée n'est pas un long fleuve tranquille. La mer est démontée et sur le bateau Wesley n’en mène pas large. Se trouvent à bord des frères moraves, qui, eux, n’éprouvent aucune appréhension. Ils chantent dans la tempête, tranquilles comme Baptiste. Wesley raconte à l’un d’eux qu’il est parti au Nouveau Monde pour y faire des conversions. L’autre rétorque : « Convertir les autres ? Mais toi, t’es-tu converti? » Stupeur et tremblement ! Ces paroles apparemment anodines changeront le cours de sa vie. Sa conversion eut lieu en 1738, « le 24 mai ». Très précisément. « Je sentis une chaleur étrange s’emparer de mon coeur (…). Le christianisme m’avait sauvé du péché et de la mort. » Et de décrire une expérience de conversion où Dieu est sensible au coeur.

Moralité (pour ainsi dire) : le salut, clé de voûte du christianisme, est une expérience intérieure, personnelle, singulière, intime, et qui emprunte parfois, comme on le voit avec Wesley, des chemins étranges, pour ne pas dire rocambolesques.

Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais son message est d’une clarté cristalline : la vraie conversion, c’est l’expérience du salut. Rappel salutaire !

 

David Brunat

Rapport financier 2016

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Rapport financier 2016

Cette présentation un peu différente de celle des années précédentes a pour objectif de clarifier les informations et de mettre face à face les totaux des recettes et des charges. Ce qui fait apparaître un chiffre en rouge : - 12 202€. Un résultat d’exploitation donc déficitaire, ce qu’a souligné notre réviseur aux comptes, ce déficit n’étant évidemment pas un découvert en banque. Néanmoins, un déficit est toujours quelque chose qui interpelle.

Pour rappel : le solde 2015 était de 22 561€ - le solde 2016 est de 10 359€.

Nous avons globalement tenu notre budget de dépenses courantes, 38 279€ de réalisations pour 39050€ de budget. Je ne soulignerai que les travaux sur la chaudière, arrivés en fin d’année (générateur et thermostat) et l’augmentation des frais de copropriété au 50 rue du Chemin Vert.

Si nous passons à la contribution EPUF, le dépassement à 1017€ pour 200€ de budget est lié à la volonté d’un défunt de faire don de la collecte au DEFAP et au don fait pour la JMP.

Ce sont les travaux qui ont creusé le déficit, mais je rappelle que ces travaux s’inscrivaient dans une stratégie engagée pour faire de notre temple un lieu d’accueil agréable et pour sauvegarder notre patrimoine (les fenêtres du 1er étage qui menaçaient ruine et le sol du hall d’entrée qui était devenu dangereux avec des trous à plusieurs endroits).

Ceci dit, ce ne sont pas seulement les dépenses qui ont créé le négatif, c’est aussi la baisse de certaines recettes, et cela interpelle peut-être même davantage.

Les offrandes nominatives ont un peu baissé par rapport à 2015 : 50 885€ par rapport à 51 905€. Sans doute étions-nous un peu optimistes en inscrivant 56 000€ au budget, mais cette somme était dans la logique de la dynamique engagée les années précédentes. Le nombre de donateurs est resté stable (142), mais ce ne sont plus sociologiquement les mêmes donateurs. La moyenne des dons se situe plutôt entre 200 à 400€ au lieu des 500 à 1000€ qui étaient la moyenne précédente.

L’autre chiffre à souligner est celui des collectes pour les cérémonies : 7 373€ pour 5 360€ en 2015. Mais c’est un chiffre à double tranchant, car il s’agit essentiellement de décès et malheureusement surtout de décès de donateurs.

Mais ce sont surtout les collectes des cultes qui ont baissé : 7 903€ contre 11 448€ en 2015. (Voir encart collectes).

La diminution de refacturation des charges à l’Entraide s’explique par l’aide que l’Entraide a apportée aux travaux. L’augmentation des frais d’utilisation du temple est due au fait que les locations de la salle du Figuier sont dorénavant comptabilisées pour le temple.

Il faut donc inlassablement expliquer aux fidèles et surtout aux nouveaux arrivés dans notre paroisse le sens de l’offrande et celui du don nominatif.  Les questions qui sont régulièrement posées montrent que, même dans une paroisse dynamique comme la nôtre, tous n’ont pas saisi que si la grâce est gratuite, l’église, elle, a un coût.

Pour le Conseil Presbytéral

La trésorière Christiane Guillard

 

 

La collecte du dimanche : un petit effort pour un grand résultat

Statistiques de présence aux cultes du dimanche : 45 fidèles en moyenne (à l’exclusion des enfants)

Don moyen : 3,5€

Nombre de dimanches : 48

Si chaque fidèle présent donne 5€ au lieu de 3,5 €, les collectes du dimanche passeront à 10 800€.

Rappel : L’offrande du dimanche peut être nominative, même en liquide, à condition de la mettre sous enveloppe avec votre nom.

 

 

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résultats 2016 et budget 2017 AG mars 17
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Rapport d'activité mars 2016 - mars 2017

         Au printemps 2016, vous avez élu un nouveau Conseil presbytéral. Pour quatre ans. Paritaire. Intergénérationnel. « Uni dans la diversité ». Avec des conseillers chevronnés et d’autres nouveaux, tel Adémir de Souza, ou en « renouveau » comme Rémi Dupasquier qui avait déjà été conseiller presbytéral à BB il y a de nombreuses années et reprend ainsi du service après une longue interruption. Nous formons une équipe resserrée, confiante dans le dynamisme et la cohésion fraternelle ET matérielle de notre paroisse, un dynamisme dont la cheville ouvrière est et demeure notre pasteur, que je tiens à saluer au nom de tous pour son engagement à tous les niveaux de la vie paroissiale.

            Après les riches débats intervenus au plan régional et national en 2015, notamment sur la question de la bénédiction des couples de même sexe, l’année 2016 a été marquée sur le plan spirituel par une sorte de quiétude – qu’il ne faudrait pas prendre pour du quiétisme – et de relance.

            A Boulogne, nous n’avons pas traversé de crise existentielle ni même de tiraillements, et il faut se féliciter de ce bon esprit constant qui règne au sein de notre paroisse : c’est un atout certain pour y vivre sa foi et se mettre à l’écoute de l’Esprit …

            L’Esprit saint s’est incarné, et toute communauté ecclésiale doit à sa mesure se doter d’une « chair » que sont ses locaux (si vous me pardonnez cette comparaison quelque peu osée). Notamment ses locaux où elle prépare ses nourritures terrestres : une cuisine ! Le sol de notre cuisine a fait peau neuve à l’été 2016, ainsi que celui du hall d’entrée, et vous avez tous pu voir à quel point ces espaces rénovés contribuaient au bon accueil des paroissiens et de tous nos visiteurs, ainsi qu’à l’image que nous projetons à l’extérieur, tant il est vrai, même chez les iconoclastes que sont les Protestants qui se respectent, que des locaux vétustes et dégradés ne constituent pas la meilleure carte de visite d’une église.

            Après la réfection des bancs du temple en 2015, ces travaux estivaux – qui ont également compris des travaux de peinture extérieure – ont manifesté notre souci du bon entretien de ces lieux. Sans se livrer à des dépenses somptuaires de nature à faire pâlir de jalousie les architectes du temple de Salomon ou les bâtisseurs de la tour de Babel. Que cela soit l’occasion de vous remercier pour votre générosité, car les dons et offrandes que vous réalisez servent aussi à maintenir en bon état ce bâtiment, que nous ouvrirons d’ailleurs à la visite lors des Journées du Patrimoine en septembre prochain dans le cadre des célébrations de l’année Luther.

            Vous êtes généreux de vos deniers, vous l’êtes aussi, ô combien, de votre temps. Qu’il me soit ici permis d’exprimer notre gratitude pour votre engagement, quelle qu’en soit la nature. Moniteurs et monitrices d’école biblique, musiciens, commis de cuisine, « covoitureurs » pour l’accompagnement des seniors au culte dominical, parents coups de pouce pour les louveteaux et les éclaireurs, bénévoles de l’Entraide, participants aux débats Théophile et aux différents ateliers que nous avons mis en place, etc., etc. : combien de « petites mains » qui rendent de très grands services et sans lesquels notre paroisse ne serait pas ce qu’elle, et ne serait d’ailleurs peut-être pas du tout.

            Ce qu’elle est avant tout ? Fraternelle, familiale, solidaire, généreuse et active. Dans les activités de l’église, on constate une constance de la fréquentation au culte (avec une moyenne de 45 présents pour les cultes dits « ordinaires »), un renouvellement dynamique des familles et un rythme cultuel - entre les cultes avec Sainte Cène, les cultes familiaux et les cultes dits « ordinaires » - qui est maintenant bien adapté au rythme de vie des paroissiens.

            Cette organisation du temps ecclésial et la fidélité des membres de la communauté dans les moments forts de l’année liturgique nous permettent de développer des activités hors culte et catéchèse qui prennent petit à petit de l’importance dans la vie spirituelle de notre église :

            Les soirées Théophile ont maintenant prouvé, par la qualité des échanges qu’elles suscitent, leur bien-fondé et leur utilité. Une quinzaine de personnes en moyenne y participe. De nombreux textes philosophiques et bibliques y sont discutés en fonction d’une thématique déterminée à l’avance – ainsi avons-nous débattu du travail, de la chair, de l’étranger, du silence, etc.

            Le lancement des après-midi Nicodème, est aussi un vrai rendez-vous chaleureux et intellectuellement riche pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer le soir pour participer à Théophile.

            L’atelier Marthe et Marie, même s’il ne réunit que peu de participants, est très utile et nous permet de soigner les détails matériels qui contribuent souvent à la réussite de nos événements cultuels. De nouvelles aumônières, un banc de piano refait, une décoration de Noël pensée en accord avec le thème biblique, bientôt des chandeliers à led pour illuminer nos veillées, la décoration du temple pour la journée de prière des femmes : tout cela contribue à améliorer l’accueil dans notre temple.

            La halte spirituelle Nathanaël est encore en « rodage », en effet le déroulement de cette heure de prière, chants et échange biblique est tout à fait adapté aux besoins d’un temps de prière autre que le culte dominical, mais il faut revoir l’horaire.  

            L’atelier liturgique montre aussi son efficacité pour oeuvrer au renouvellement de la liturgie dans notre église. Nous avons beaucoup travaillé avec notre organiste Benjamin Aponte, qui n’a pas compté son temps pour venir jouer et tester des cantiques afin que nous puissions renouveler nos feuilles de culte, selon les temps liturgiques traditionnels de l’église, les styles musicaux de notre recueil de chant.

            Nous avons ainsi testé la nouvelle feuille de liturgie pour le temps du carême dimanche dernier et après quelques rectifications, elle sera très vite adoptée par l’assemblée. Une autre feuille pour le temps de l’église est prête, et d’autres versions suivront, afin de bénéficier de toute la richesse du répertoire luthérien et réformé.

            Les modifications apportées à l’ordre du culte l’ont été dans un souci de cohérence théologique avec ce que les paroissiens recherchent dans un culte. Ainsi, la part plus grande faite au chant et au silence sont des demandes souvent faites par les fidèles du culte.

            La sainte cène bénéficie elle aussi d’un support papier propre à faire chanter plus facilement la communauté et ainsi vivre mieux la communion.

            Pendant ce travail, nous avons invité un pasteur Luthérien pour qu’il nous parle des particularités de son culte et que nous puissions faire une plus grande place à cette tradition maintenant unie dans la même église.

 

             Et maintenant ? Nous avons mis le cap sur l’année Luther. Nous avons acquis la belle exposition dont vous avez pu déjà admirer certains panneaux et que nous allons dévoiler progressivement.

            Dimanche prochain, l’éminent historien du protestantisme Bernard Cottret viendra faire une conférence sur « la Réforme comme conversion. »

            Au mois de mai, nous organiserons une promenade dans le « Paris protestant. »

            Nous allons faire partie du circuit de visites publiques dans le cadre des journées du Patrimoine (point évoqué plus haut).

            Et fin octobre, nous proposons aux paroissiens de se rendre à Strasbourg à l’occasion de Protestants en Fête, vous avez déjà reçu des informations à ce sujet.

            Cette année Luther est une bonne occasion de réfléchir sur ce que nous sommes, d’où nous venons, où nous voulons aller, à quoi nous sommes fidèles, à quoi nous tenons. Et je conclurai ce bref rapport, modeste reflet d’une année paroissiale très riche, sur cette citation du père de la Réforme : « Tenons pour certain que l'âme peut se passer de toutes choses, excepté de la Parole de Dieu, sans laquelle tout lui est inutile. Avec cette Parole vous êtes riche, et rien ne vous manque - car elle est la vie, la vérité, la lumière, la paix, la justice, le salut, la joie, la liberté, la sagesse, la vertu, la grâce, la gloire et la félicité sans mesure. »

 

David Brunat, président du Conseil presbytéral

Protestants en fête à Strasbourg en octobre : inscrivez-vous vite !

Notre église organise un déplacement à « Protestants en fête » les samedi 28 et dimanche 29 octobre 2017 à Strasbourg. Ce grand rassemblement protestant sera le point d’orgue des festivités autour des 500 ans de la Réforme : « village des fraternités », concerts, « nuit des thèses » et culte dominical au Zénith de Strasbourg. 

 

Pour que nous puissions bénéficier des meilleurs tarifs, nous avons prévu le programme suivant :

-         -  Départ du groupe en train de Paris Gare de l’Est samedi 28 octobre dans la matinée (horaire à confirmer).
Arrivée vers 12h à Strasbourg – Déjeuner libre

-         -  Participation libre aux différentes activités et animations dans la ville : stands, village des solidarités, librairies, conférences, concerts…

-          - Nuit à l’hôtel Victoria 9 rue du Maire Kuss (quartier de la gare) – lit single en chambre double

-          - Dimanche matin : participation au culte au Zénith de Strasbourg

-         -  Départ du groupe en train de la gare de Strasbourg le dimanche 29 octobre dans l’après-midi.

 

Le budget s’établit de la manière suivante :

-          45 € pour la nuit à l’hôtel

-          Environ 100 € pour l’AR Paris/Strasbourg/Paris en TGV (tarif groupe, à confirmer)

-          13 € pour l’entrée au culte du Zénith, si inscription avant le 30 mai 2017

-          Les repas sont à la charge de chaque participant, selon ses envies.

 

Pour nous permettre de réserver pour le groupe l’hôtel, le billet de train à tarif préférentiel et les entrées à tarif réduit au Zénith, nous vous remercions de confirmer au plus vite votre participation, et celle éventuelle des personnes qui vous accompagneront en complétant et en nous renvoyant le formulaire ci-dessous, accompagné d'un chèque d'acompte de 60 €.

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Le Trait d'Union d'avril-mai 2017 est en ligne

Ce journal du bimestre est très axé sur la dernière assemblée générale.

Au sommaire :
- l'édito du pasteur : reparler aujourd'hui du Salut
- la prédication du mois : le geste de la grâce

- le rapport d'activité 2016

- le rapport financier 2016

- la méditation du mois

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Les calendriers d'avril et mai 2017

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500 ans de la Réforme protestante, une année d'événements à Boulogne-Billancourt

Notre église organise plusieurs événements pour marquer les 500 ans de la Réforme.
Retrouvez-les en intégralité dans la fiche ci-dessous :

- Exposition : Luther, aux sources du protestantisme
- Culte-conférence le 19 mars : la Réforme comme conversion
- Itinéraires dans le Paris protestant le 13 mai
- Journées du Patrimoine les 16 et 17 septembre : 130 ans de présence protestante à Boulogne-Billancourt
- Week-end "Protestants en fête" à Strasbourg les 28 et 29 octobre.

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Communiqué de l'Eglise protestante unie de France relatif aux élections présidentielles

La Fraternité d'abord

 

A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, nul ne peut savoir qui l’emportera, ni même quels candidats seront présents au second tour. Les échecs des sondages et les péripéties d’une campagne délétère empêchent tout pronostic assuré. Mais il est possible qu’une catastrophe soit en train de se nouer, autour de la double tentation de l’abstention et du discours nationaliste et xénophobe de l’extrême-droite. Le désir de sanction collective contre une classe politique tout entière est si fort, qu’il pourrait faire basculer la République dans une aventure redoutable. Ce désir est le fruit de multiples facteurs. Il se nourrit de peurs, parfois compréhensibles et légitimes, parfois démagogiquement manipulées. Il se manifeste par un sentiment d’humiliation, personnel et collectif, capable de tout emporter avant de laisser chacun abasourdi. Le « C’est bien fait ! » adressé aux responsables par bulletin de vote interposé risquerait alors de devenir un « Qu’avons-nous fait ? » désemparé, survenant hélas trop tard.

 

L’Eglise protestante unie de France se garde en général de prendre la parole en période électorale. Mais certaines circonstances l’exigent. Aujourd’hui, devant le danger qui se profile, son Conseil national choisit de le faire, pour trois raisons. D’abord, en raison du grand respect dans lequel il tient la République.

Historiquement, les protestants français ont largement contribué à l’avènement de la République et de la laïcité. Or, l’une et l’autre ont besoin, particulièrement dans les moments de choix critique, de la contribution de toutes les convictions, de la voix de toutes les familles de pensées. La politique réclame du souffle, de l’horizon, des paroles paisiblement mais fortement affirmées.

Ensuite, parce que ces convictions s’articulent à des engagements concrets au service de la société, des plus vulnérables, en particulier des exilés qui demandent à pouvoir vivre et même simplement survivre. Depuis les prises de position constantes de leurs synodes jusqu’à l’action quotidienne et patiente, nos paroisses, nos entraides protestantes et leurs membres ne se contentent pas de croire et de dire, mais essaient aussi de mettre en œuvre l’espérance qui les anime.

Enfin, parce que nos convictions ne s’imposent à personne mais prennent une densité particulière en cette année des 500 ans de la Réforme protestante, ce temps où des croyants lanceurs d’alerte ont su provoquer, dans une société traversée par les peurs, une irruption de confiance. Aujourd’hui, encore et toujours, le message et la personne de Jésus-Christ nous conduisent à croire que Dieu aime le monde et chacun de ses habitants. Nous croyons qu’il a un projet de réconciliation et de paix, et qu’il nous en fait ambassadeurs. Nous croyons qu’aucun de nous ne serait vivant s’il n’avait été accueilli et accompagné par ses semblables − personnes, collectifs et institutions − et que cette hospitalité dont nous avons bénéficié nous appelle à la gratitude. Nous croyons que toute rencontre est éclairée d’une promesse de fraternité. Nous croyons que les institutions politiques, toujours faillibles et relatives comme nous le sommes tous, ont pour tâche de faire au mieux pour rendre cette fraternité possible et pour la protéger. A quelques jours de Pâques, nous affirmons que la confiance a le pouvoir de traverser toutes les peurs, et qu’elle nous est confiée pour que nous la fassions grandir. Plutôt que de laisser le dégoût, la colère et les peurs nous enfermer dans le ressentiment, ayons le courage de la fraternité d’abord, et la ténacité de faire et de refaire société ensemble.

 

Laurent SCHLUMBERGER,

Pasteur, président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France

Journée mondiale de prière des femmes vendredi 3 mars

La Journée mondiale de prière des femmes se déroulera ce vendredi 3 mars, avec différents temps de partage œcuménique : atelier cuisine, buffet de spécialités, célébration œcuménique...

Ouverte à toutes et à tous !

 

Temple de Boulogne - 117 rue du Château.

Le trait d'Union de février est arrivé !

Le Trait d'Union est en ligne (et bientôt dans vos boîte aux lettres).

 

Au sommaire :

L'édito du pasteur : 2017, se réformer sans cesse.

La prédication du mois : le geste de la Réforme.

Des nouvelles des scouts : AG, fête du groupe local et nouvelle BAU.
Du côté de Théophile : parler du silence.

Le vade-medum du donateur.

2017, une année de jubilé.

Vie de la aproisse : AG de l'Eglise et de l'Entraide le 12 mars.

La méditation du mois.

 

Les calendriers des activités en février et mars.

 

Vous pouvez le lire en ligne en téléchargeant le fichier ci-dessous.

 

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Le Trait d'Union fevrier-mars 2017
TU janvier 2017 pages simples.pdf
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